mercredi 18 février 2015

ANGELIN PRELJOCAJ AU THEATRE DE LA VILLE

ANGELIN PRELJOCAJ DE RETOUR AU THEATRE DE LA VILLE


© Jean-Claude Carbonne



Il a fait Pirouetter Blanche-Neige, Roméo et Juliette et même Schéhérazade ! Angelin Preljocaj, maître des contes ? Faut voir… Petit retour en arrière : le 2 décembre 1977, le compositeur américain John Cage balance au public milanais « Empty Words », une performance bien radicale, bien crispante. Au programme : la lecture d’un texte du philosophe Henry David Thoreau qu’il détraque et émiette tant et si bien qu’on n’y comprend que pouic. Résultat : huées et sifflements, tandis que Cage en termine imperturbablement avec sa déconstruction. Trente-sept ans plus tard, le chorégraphe Angelin Preljocaj fait de cet enregistrement – Cage + public énervé – la bande-son d’une pièce. 

Voici donc « Empty Moves ». John Cage vidait les mots de leur sens ? Preljocaj en fait autant avec les gestes. Sur le plateau nu, quatre danseurs sublimes de précision déroulent une partition en continu, purs mouvements détachés de tout récit. Des combinaisons infinies puisées dans la grammaire du chorégraphe, pour une partition hypnotique. Le Théâtre de la Ville programme les trois pièces écrites entre 2004 et 2014. Un peu comme s’il nous livrait dix ans de son réservoir de formes. Entrez dans sa danse. Elle est là tout entière.

« Empty Moves I, II & III », du 17 au 28 février, Théâtre de la Ville, Paris 4e

http://www.elle.fr/